Lettres fantastiques et lettres volontaires

La succession des abécédaires se poursuit avec deux alphabets fictifs : les « lettres utopiques et voluntaires » reprises à l’Utopia (1516) de Thomas More et les « lettres fantastiques » probablement inspirées de l’alphabet figuré d’un art de mémoire. Comment comprendre un tel choix ? Outre la recherche d’insolite, le nom des lettres indique clairement une valorisation de l’imagination : « fantastique » renvoie à la puissance de la fantaisie et « voluntaires » signifie « crées par la volonté ». Mais l’absence d’alphabet anthropomorphe au profit d’un abécédaire « fantastique » constitué essentiellement d’outils invite aussi à voir dans ce choix graphique une valorisation de l’art. Tory forge des lettres au moyen d’outils pour mieux montrer à quel point les lettres sont effectivement des outils aux usages infinis.
© Bibliothèque nationale de France
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Date
1529
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Lieu
Paris
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Auteur(es)
Geoffroy Tory et Gilles de Gourmont
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Description technique
Livre imprimé sur papier. 2o. Reliure en veau marbré, 18e siècle
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Provenance
Provenance : « ex libris sancti Joannis Carnutensis [Chartes ? ] 1709 » ; saisie révolutionnaire ?
BnF, département de la Réserve des livres rares, Rés. V. 516, f. 77v° -
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