La Jeanne d'Arc nationnaliste

Pour l'extrême-droite, Jeanne d'Arc, par ses origines terriennes, représente la France ; elle incarne l'unité nationale, l'esprit et la « race gauloise » contre les Juifs, les étrangers, les francs-maçons et la République dreyfusarde. Maurice Barrès, bien que peu convaincu par l'existence de cette « race française », fut cependant un des ardents propagandistes de la Jeanne d'Arc nationaliste : le député de Paris dépose en 1914 une proposition de loi pour instituer une fête nationale en l'honneur de l'héroïne ; en 1920, la fête de Jeanne d'Arc est officialisée. La République s'est réconciliée avec ce personnage qui a été canonisé la même année. Mais dès les années 1930 les ligues d'extrême-droite - antiparlementaires - annexent la « patronne secondaire de la France ». Pour l'Action française et pour Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale, Jeanne d'Arc est vénérée comme l'anti-Marianne. Des trois Jeanne d'Arc mythiques construites au 19e siècle, la patriote de gauche, la sainte catholique et la nationaliste exclusive, c'est essentiellement la dernière qui survit à travers des avatars populistes et passéistes.
Mots-clés
Bibliothèque nationale de France
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Date
1913
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Lieu
Compiègne
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Description technique
Tirage moderne d'après une plaque de verre de l'agence ROL, 18 x 13 cm
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Provenance
BnF, Estampes et Photographie, N2 (2) Barrès
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Lien permanent
ark:/12148/mmg3fkskgtb