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La naissance d’un roi
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La naissance d’un roi
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Le roi chevalier
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Le roi chevalier
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De Marignan à Pavie
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François Ier, roi chevalier
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Naissance du roi de guerre, défenseur du royaume
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Le roi très chrétien
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François Ier, un roi très chrétien
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François Ier, roi sacré, croisé… et allié des Turcs
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Les relations entre la France et l'Empire ottoman
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L'exercice du pouvoir
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L’exercice du pouvoir
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La mise en scène du pouvoir
Le roi très chrétien















Depuis le Moyen Âge, le roi de France est perçu comme directement élu par Dieu. Mais en ce début du 16e siècle, dans un contexte d’inquiétudes millénaristes, la notion de roi très chrétien se déplace subtilement d’une fonction à un homme : annoncé par des signes surnaturels, François Ier devient le souverain qui sauvera la chrétienté et la protégera des infidèles – musulmans comme protestants.
1er croisade : le pape Urbain II préside le concile de Clermont
Les liens étroits des souverains français avec l’Église de Rome ne datent pas de l’accession au trône de François Ier. Depuis le 14e siècle, le titre de « roi très chrétien » s’est ainsi imposé comme leur prérogative, en récompense d’une piété censément exemplaire et, surtout, de services rendus à la Papauté.
© Bibliothèque nationale de France
Sacre de Charles VI à Reims en 1380
Le roi de France, oint et sacré, est réputé tenir sa couronne, non du pape comme l’empereur, mais directement de Dieu.
© Bibliothèque nationale de France
La cérémonie du sacre
Cérémonie liturgique qui confère au futur roi la confirmation de son droit divin et la reconnaissance de sa promotion au-dessus de la hiérarchie féodale, le sacre investit le nouveau souverain de pouvoirs quasi surnaturels, tel celui de guérir les écrouelles. Le roi reçoit la couronne en présence des douze pairs du royaume qui tiennent les ornements royaux (tunique, éperons et ceinture) ainsi que les insignes de la royauté (couronne, sceptre et main de justice).
© Bibliothèque nationale de France
Armes (fictives) de François Ier
Parmi les attributs des rois de France, l’écu aux trois fleurs de lys est perçu comme une évocation de la Trinité : en envoyant son ange les porter à Clovis, le Seigneur a donné au roi de France un accès direct au mystère central de la foi chrétienne, établissant de fait la primauté de son royaume sur tous les royaumes de la terre.
© Bibliothèque nationale de France
« Le clos de France »
Avec François Ier, on assiste à un transfert de la sacralité de la fonction vers la personne du roi. La famille d'Angoulême, notamment, semble persuadée qu'une relation directe et mystérieuse unit depuis toujours ce prince prédestiné au Seigneur.
© Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel
François Ier, Marguerite d’Angoulême et Louise de Savoie en prière
La mort en bas âge des enfants mâles de Charles VIII et sa disparition prématurée, l'absence d'héritiers directs de Louis XII, tout indiquait que François d’Angoulême avait depuis longtemps été personnellement élu par la Providence.
© Bibliothèque nationale de France
Conversion de saint Paul
Le sacre du roi intervient le jour de la conversion de Saint Paul, quatorze ans jour pour jour après l'accident de cheval qui, comme Saint Paul, a frappé François à Amboise.
© Bibliothèque nationale de France
Un plafond à caissons aux armes de François Ier
Autre signe : le nom du nouveau roi coïncide pour la première fois dans l’histoire de la royauté avec celui de son peuple. Le F qui s'inscrit sur les murs de ses palais signifie désormais aussi bien François que Foi ou France.
© Photographie de Gisèle Nedjar, avec l’autorisation du service local du Domaine
Le roi seul en majesté
L’avènement d'un roi élu par Dieu ne pouvait que signifier l’ouverture d’une ère nouvelle pour la chrétienté. N’attend-elle pas un roi-sauveur qui, après sa victoire sur tous les païens, délivrera Jérusalem et sera le dernier empereur couronné à Rome, précédant l’avènement du Christ ?
© Bibliothèque nationale de France
César présentant l’épée et le caducée à François Ier
Au début du règne de François Ier, les croyances millénaristes en un nouveau messie faisant advenir le paradis ici-bas sont reprises au profit du souverain pour justifier les enjeux du moment : ambitions impériales et projets de croisade donnent lieu à son exaltation en soldat du Christ, nouveau Constantin ou nouveau Charlemagne.
© Bibliothèque nationale de France
Le roi chargeant contre les Suisses à Marignan
La victoire française de Marignan – le 14 septembre 1515, fête de la Sainte Croix – est entourée d’une signification religieuse. Elle redistribue les cartes de la politique européenne et invite le pape Léon X à unir les princes chrétiens autour de l’idée d’une croisade conduite par François Ier.
Bibliothèque nationale de France
La Foi fleurissant en France sous l’effet du soleil de la Charité ; l’alliance des princes européens en vue de la croisade
L’unité de la chrétienté étant un préalable indispensable à la croisade, François Ier signe, entre 1516 et 1518, une série de traités de paix avec Charles d’Autriche, Maximilien, les Suisses et Henry VIII, en réitérant toujours l’idée de la paix universelle et de la croisade.
© Bibliothèque nationale de France
Matrice du sceau de la croisade
Le projet de croisade culmine en France en 1517-1518 où l'on voit, sur des bannières, le roi apparaître héraldiquement sur le même plan que le pape, occupant la place normalement réservée à l’Empereur dans l’organisation de la société chrétienne. L’idée d’ultime croisade est en effet fortement liée à celle de l’empereur des derniers jours.
© Bibliothèque nationale de France
Charles Quint élu empereur
Désir utopique mais sincère, ou faux-semblant pour surpasser son rival à l’empire et lever des fonds, le projet de croisade de François Ier fut oublié après son échec à l’élection impériale et l’ouverture des hostilités avec Charles Quint en 1521.
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Bibliothèque nationale de France
François Ier en prière
L'image du prince élu résiste aux échecs du roi et retrouve même une certaine vitalité à partir de 1530, alors qu’il clarifie enfin sa position contre les réformes protestantes… tout en concluant des accords controversés avec le sultan Soliman, incarnation de l’Infidèle ! Preuve de l'efficacité d’un dispositif symbolique parvenu à conserver l’aura du Très-Chrétien à un prince animé avant tout par le pragmatisme politique.
Photo © RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d’Ecouen) / Gérard Blot
© Bibliothèque nationale de France