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Jeux de princes, jeux de vilains : une introduction en images
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Jeux et sociétés au Moyen-Âge
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La face noire du jeu
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Mille et une manières de jouer au Moyen Âge
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Le plaisir du jeu
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Jeux nouveaux, jeux renouvelés à la période moderne
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Le jeu de l'oie
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L'économie des jeux à la période moderne
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Les jeux et leurs règles à la période moderne
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Les jeux pédagogiques à la période moderne
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La société ludique
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Les jeux d'argent au temps des Lumières
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Jeux clandestins et pratiques policières sous les Lumières
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L'invention de la loterie royale
Jeux de princes, jeux de vilains : une introduction en images




























![Le Curieux Almanach pour l'an de grace 1678 [.] où l'on voit les agreables divertissemens du jeu, ou l'art de bien joüer .](https://cdn.essentiels.bnf.fr/media/images/cache/crop/rc/0uVoGyLc/uploads/media/image/20240311163957000000_120_1_det_rec.jpg)

Jeux de princes, jeux de vilains : une introduction en images
Le fleuve Hasard se jette dans la mer d'Imprudence
Les cartes allégoriques sont en faveur aux XVIIe et XVIIIe siècles.
« Quatre provinces » forment ici le royaume de Galanterie . La Bonne Chère avec les villes de Grave, Chably, Beaune, a quatre fleuves menant au lac de Gourmandise. Au centre, l'Amour a pour capitale Coquetterie ; le grand fleuve de Confidence et ses quatre affluents se jettent dans le lac d'Abandon. L'Opulence, avec sa capitale, Finance, son mont de Despence et ses sacs remplis d'écus, borde la province du Jeu, avec sa capitale, Interest, et ses villes, Ruse, Perte, Dispute, Chanse. Les rivières de Hoc, Piquet et Brelan se jettent dans le fleuve Hasard, qui débouche dans la mer d'Imprudence. Un vaisseau s'éloigne rapidement de ce royaume de perdition.
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Bibliothèque nationale de France
La Crucifixion
Les Évangiles synoptiques soulignent tous le fait : au pied de la Croix, les soldats romains tirèrent au sort les vêtements du Christ.
À partir du XIVe siècle, l'habitude se prit dans l'iconographie de représenter cette scène sous la forme d'une partie de dés, surinterprétation du texte révélatrice de la prédominance du jeu de dés. Pour nombre de prédicateurs du XVe siècle, les dés sont clairement associés à l'acte d'infamie qu'est la mise à mort du Christ. Jouer aux dés reste pourtant toléré à certains moments de l'année, en particulier aux alentours de Noël, durant les Douze Jours qui vont de la Nativité à l'Épiphanie : cette mansuétude est soulignée dans des documents variés (réglementations, comptabilités domestiques, documents judiciaires).
Bibliothèque nationale de France
Dés à jouer
À la fin de la période médiévale, une nouvelle règle est appliquée pour la disposition des points sur les dés à jouer. Avant le 13e siècle, tous les dés présentent une même ponctuation avec le 1 opposé au 2, le 3 au 4 et le 5 au 6. Les points sont communément indiqués par des ocelles.
Au cours du13esiècle, la disposition est modifiée - le 1 opposé au 6, le 2 au 5 et le 3 au 4 - de sorte que l'addition des faces opposées donne 7.
Encore irrégulièrement suivi au 16e siècle (dés 17/183/2 et BOU 308/1), ce changement est définitivement acquis à la période moderne.
Dès lors, les dés sont généralement de taille réduite, avec des points inscrits par des cupules. De nombreux rebuts de production témoignent de la présence de fabricants de dés, ou " déciers", à Saint-Denis à partir du 16e siècle. L'analyse de ces déchets a permis de déterminer les étapes successives de fabrication à partir d'os de boucherie.
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Saint-Denis, unité d'archéologie de la Ville de Saint-Denis,
Valve de miroir
Parmi les objets de toilette précieux et raffinés dont l'usage se développe à partir du XIVe siècle figurent les valves de miroir, dont l'extérieur est orné de scènes généralement profanes. Cette pièce du Louvre en offre un des exemples les plus achevés, dans le style souple et élégant des ateliers parisiens du temps de Philippe le Bel associé à une composition savante.
La scène se passe sous une tente aux pans relevés symétriquement. Le centre de la composition, sur lequel se focalisent tous les regards, est le jeu d'échecs et les mains des joueurs : le jeune homme tient une pièce d'échecs tandis que son adversaire, une jeune femme avec une coiffure « à cornes », désigne une pièce de l'échiquier, et en tient deux dans l'autre main (cherche-t-elle à tricher ?). Chacun est conseillé par un serviteur.
Cette représentation, qu'on a pu rapprocher d'un épisode de Huon de Bordeaux ou de Tristan et Yseult, est fréquente dans le répertoire décoratif des valves de miroir, essentiellement formé d'évocations idéales de la vie courtoise qui renvoient très rarement à un texte précis. Le jeu d'échecs était en effet une métaphore courante de l'amour courtois, avec sa codification très précise, par opposition aux jeux de dés, symboles de la débauche. Ici, la servante tient une couronne pour le vainqueur de ce jeu, qui est aussi celui de la séduction.
© RMN / Daniel Arnaudet
Piquet de Charles Piquet de Charles VII, parfois nommé « Coursube »
Découvertes à Lyon par le collectionneur suisse Michel Hennin, données à la Bibliothèque nationale et aussitôt dénommées « piquet de Charles VII », ces jolies cartes ont passionné les érudits du 19e siècle mais n'ont toujours pas livré leur secret. Le style général et l'iconographie évoquent assurément les modèles faits par les cartiers lyonnais pour l'exportation vers les pays de langue allemande (« portrait d'Allemagne ») et le format individuel de 9, 4 par 5,6 cm correspond bien à celui de Lyon (plus ou moins 10X6 cm). Auguste Vallet de Viriville, professeur à l'École des chartes, voit juste en affirmant que ce jeu "ne peut appartenir qu'au règne de Charles VIII ou de Louis XII". Wilhelm-Ludwig Schreiber opte de son côté pour la fin du règne de Louis XII (vers 1515).
En revanche, on ne sait à quoi raccrocher les légendes - de lecture incertaine - qui accompagnent rois, reines et valets. De gauche à droite, Vallet de Viriville lit : valet de trèfle (rolan) ; roi de trèfle (sant soci) ; dame de trèfle (tromperie) ; roi de carreau (coursube) ; dame de carreau (en toy te fie) ; valet de pique (etor de [.]); dame de pique (leauté dort) ; roi de pique (apollin) ; dame de coeur (la foy e[s]t perdu) ; roi de coeur (nom disparu). Ces personnages sont clairement issus de chansons de geste et romans de chevalerie : outre Roland, qu'on ne présente plus, Coursube (ou Corsuble) est un chef sarrasin et Apollin un dieu païen. On peut voir en etor de [.] le héros de la guerre de Troie Hector ou le roi sarrasin Ector de Salorie. Les dames affichent des devises ou des noms allégoriques.
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Bibliothèque nationale de France
Traité du piquet
Provenance : acquis par la Bibliothèque à la librairie Champion, à Paris, en 1917
Les règles des jeux de cartes n'ont eu les honneurs de l'imprimé qu'après plus de trois cents ans de pratique. Le premier jeu à être formalisé est le piquet, qui s'impose en France à l'époque classique. L'édition originale, chez Charles Hulpeau, imprimeur-libraire parisien spécialisé dans la publication de livres de jeu, date de 1631; un nouveau tirage (présenté ici) fut fait dès l'année suivante. Il s'ouvre sur le même frontispice, probablement dû à Pierre Brébiette (1598-1650), qui signe celui du Jeu royal de la paume publié chez le même imprimeur-libraire en 1632. "Ce divertissement [.] si doux qu'il fait couler le temps insensiblement, console les goutteux, resjouyt les melancoliques et donne relasche aux passions des amoureux" méritait bien, selon son éditeur, un manuel propre à éviter les querelles en société.
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Bibliothèque nationale de France
La Maison académique. Contenant un recueil général de tous jeux divertissants pour se réjouir agréablement dans les bonnes compagnies
L'épître dédicatoire à Monsieur signée « le sieur D. L. M. » désigne le sieur de La Martinière. Sans doute inspiré par La Maison de Jeux, un recueil de jeux de conversation publié en 1642 par Charles Sorel, La Maison academique est le tout premier livre imprimé rassemblant des jeux variés. On y trouve le piquet, le hoc, le trictrac, le billard, la paume, le jeu de l'oie, la chouette, le renard et les poules, la chance des amoureux, les quatre fins de l'homme, les quatre parties du monde, ainsi que « les jeux academiques, qui se jouent en Italie », d'après la traduction française des jeux d'Innocenzo Ringhieri. La deuxième édition, parue en 1659 chez Étienne Loyson, se trouve augmentée de près de douze jeux de cartes contemporains, alors que les « jeux academiques » italiens sont abandonnés. Dans l'édition de 1665, également publiée chez Loyson, le titre devient La Maison des jeux academiques.
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Analyse mathématique du hasard dans les jeux
Depuis que Pascal et Fermat avaient jeté les bases d’un calcul des probabilités, quelques mathématiciens s’étaient efforcés d’en appliquer les nouvelles lois à l’analyse d’un jeu réel. Après Christiaan Huygens, en 1657, puis l’abbé Joseph Sauveur, qui démontra en 1679 qu’à la bassette le banquier avait un avantage, Pierre Rémond de Montmort essaya à son tour de traiter ces problèmes en appliquant la théorie à différents jeux de cartes (pharaon, lansquenet, dupe, treize, bassette, piquet, hombre, triomphe, impériale et brelan), jeux de dés (quinquenove, trois-dés, hasard, espérance et rafle) et au trictrac, sans oublier le « jeu des noyaux des Sauvages amériquains ». La première édition paraît en 1708 chez Jacques Quillau, illustrée de vignettes gravées par Sébastien Leclerc ; elle sera suivie d’une "seconde édition, revüe & augmentée de plusieurs lettres" en 1713.
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Un jeu noble par excellence
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Essai sur le jeu des échecs
Champion reconnu à son époque, Stamma exerce souvent à Londres et, comme il se dit né à Alep, il est souvent nommé « le Syrien ». Son petit livre, aux cent finales notées sans commentaires, est une épure semblable à une partition musicale. Cet Essai, traduit en anglais et en allemand, emploie pour la première fois des notations algébriques pour situer le mouvement des pièces sur l'échiquier ; une planche dépliante et une explication en donnent le mode d'emploi. Le procédé, encore embryonnaire par rapport aux notations modernes, ne rencontre pas immédiatement le succès mérité - Philidor ne l'utilise pas -, mais cette nouveauté s'imposera au 19e siècle et sera décisive dans le développement des études théoriques ultérieures. La haute réputation de Stamma sera brisée lors de sa défaite devant Philidor, en 1747.
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Traité théorique et pratique du jeu des échecs, par une société d'amateurs
Ce manuel s'adresse aux « Amateurs d'une Science, qui, n'étant que celle d'un Jeu, paraîtra toujours trop frivole pour y donner beaucoup de temps & d'étude ». Il propose « une méthode différente de toutes celles qui ont paru jusqu'ici ». Les parties qu'on y trouve sont « les résultats des leçons & de manières des grands Joueurs de la première Académie des Échecs de l'Europe », autrement dit le café de la Régence, à Paris. Les auteurs sont eux-mêmes des joueurs d'échecs: Verdoni, Leger, Carlier et Bernard. Une nouvelle édition parut en 1786, et des traductions allemandes en 1780 et en 1796.
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Fabrique de cartes à jouer dans une maison de la place Dauphine, à Paris
Cette scène très vivante est peinte sur un éventail dont les brins sont encore visibles. On a complété la peinture afin de donner au tout un format rectangulaire, selon une méthode assez répandue à la fin du 17e siècle. La fabrication des cartes à jouer se fait ici dans un certain désordre, probablement plus réaliste que les représentations bien rangées des planches de l'Encyclopédie ou de l'Art du cartier. L'atelier occupe onze compagnons, plus quatre femmes et un serviteur, sans oublier le maître et son épouse, un chat et deux petits chiens. Cette fabrique qui respire l'opulence pourrait bien être celle d'un "cartier du roi". Au fond de l'atelier, une grande baie vitrée - certainement imaginaire - laisse voir très nettement la statue d'Henri IV qui orne le Pont-Neuf.
On reconnaît en outre les bâtiments qui longent la Seine : à gauche, le collège des Quatre-Nations, achevé en 1684 ; à droite, le Louvre et sa Grande Galerie ; au fond, au niveau du Pavillon de Flore et flanqué de petits bâtiments d'octroi de part et d'autre, le très vétuste Pont-Rouge (ou Pont-Barbier), emporté par une crue de la Seine en 1684 et remplacé par l'actuel Pont-Royal, construit de 1685 à 1689. Ces éléments déterminent le cadre chronologique de la scène, probablement peinte en 1683 ou 1684.
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©Bridgeman / Giraudon
© Musée Carnavalet
Tarot de Jean Noblet
Connu entre 1659 et 1681, Jean Noblet, cartier « au faubourg St Germain », a produit ce tarot à une époque où le jeu déclinait dans la capitale. Si c'est donc là sans doute un des derniers exemplaires fabriqués à Paris, c'est en revanche le plus ancien connu qui soit conforme au type graphique que l'on nomme par convention « tarot de Marseille » parce que Marseille paraît s'en être fait une spécialité dans la deuxième moitié du 18e siècle. Ici, le format est plus petit et la palette de couleurs plus étendue.
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Une partie de dames dans un jardin
Est-ce dans le parc du palais de L'Isle-Adam que se déroule cette partie de dames? Assurément en tout cas dans le milieu aristocratique qu'affectionne ce peintre de genre et d'histoire. Attaché à Louis-François de Bourbon-Conti, qui fut un des personnages clefs de l'opposition princière à Louis XV et l'un des collectionneurs d'art les plus importants de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Michel Barthélemy Ollivier (1712-1784) fut un élève de Charles-André Van Loo. Il est surtout connu pour sa représentation des soupers et fêtes donnés par le prince de Conti au Temple ou dans son château de L'Isle-Adam.
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© RMN / Agence Bulloz
Table à jeu
Cette table en placage de bois satiné et de bois de rose possède trois plateaux, l'un escamotable à dessus de cuir, le second, coulissant, à damier sur une face et échiquier sur l'autre, et le troisième plaqué d'ébène et d'ivoire pour le trictrac. Deux petits tiroirs à jetons sont disposés sur les grands côtés. Livrée en 1786 pour le salon des jeux de Louis XVI à Versailles, elle propose des jeux plus innocents que les jeux de hasard souvent pratiqués à la cour.
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© RMN, Hervé Lewandowski
La mode de l'hombre
Le Joueur de Regnard (1696) est contemporain de ce tableau qui montre le développement de la passion du jeu non seulement à Paris et Versailles, mais aussi en province, comme on le voit dans ce salon cossu où se retrouve la bonne société du lieu. Ce petit monde accompagne discrètement la scène centrale où deux femmes et un homme jouent à l'hombre.
Comme les coiffures surélevées des dames - « à la fontange » -, ce jeu est très à la mode. Il vient d'Espagne et se joue à trois sur des tables triangulaires.
Préfigurant notre bridge, l'hombre est un jeu de levées, avec atout décidé par l'un des joueurs lors de la distribution ; ce joueur, l'hombre (l'homme), s'engage par ce choix à faire un certain nombre de levées. Des pénalités sont payées en cours de partie.
La description de Bergaigne est précise. D'après les manuels de l'époque, il est possible de nommer le coup réalisé par l'homme montrant d'entrée son as de pique : c'est « la Triomphante ». Il gagne largement contre les deux femmes, mais est-il joueur honnête ou « chevalier d'industrie » ?
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Tarot divinatoire d'Etteilla
En 1788, Etteilla réalise enfin un tarot " restauré", conforme au "Livre de Thot" tel qu'il l'imaginait. Jusque-là, il s'était contenté d'annoter et de modifier à la plume des tarots courants. La création, en 1788, d'une " Société des interprètes du Livre de Thot" va permettre à Etteilla de financer la gravure en taille-douce d'images dont il a donné un avant-goût dans les frontispices illustrant les quatre vertus cardinales de Maniere de se récréer avec le jeu de cartes nommées tarot.
Pour ce " Livre de Thot" et les livres qui l'entourent, Alliette obtient en février 1789 un privilège général.
Diffusé à partir de mars, le jeu suscite les éloges de ses disciples. Parmi eux, Melchior-Montmignon D'Odoucet va tenter, à la mort du maître, en décembre 1791, de reprendre sa succession, en dépit d'un concurrent, choisi par Etteilla, C. (Claude ?) Hugand, dit Jéjalel. Dans cette lutte fratricide, D'Odoucet semble avoir récupéré quelques exemplaires du précieux tarot d'Etteilla, dont ces cartes portent témoignage. En lieu et place de l'adresse du maître, D'Odoucet a écrit à la plume son nom et son adresse - sans doute en 1792 puisque la rue Sainte-Anne devient rue Helvétius dans le courant de l'année.
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Collection Thierry Depaulis © Collection particulière
Jeu des reines renommées
Imaginés par l'écrivain Jean Desmarests de Saint-Sorlin (1595-1676), à l'initiative de Mazarin, pour l'instruction du jeune Louis XIV, quatre jeux de cartes - Jeu des fables (mythologie), Jeu des rois de France, Jeu des reines renommées et Jeu de la géographie - furent gravés en 1644 par Stefano Della Bella, un dessinateur, graveur et peintre florentin admirateur de Callot, installé à Paris de 1640 à 1649, qui travailla aussi pour Richelieu et Anne d'Autriche. Le Jeu des reines renommées, un jeu de cinquante-deux cartes, plus la carte de titre, met en scène toute sorte de souveraines, de l'Antiquité jusqu'à Anne d'Autriche, en passant par des reines de la mythologie classique (Hécube, Clytemnestre, Médée, Pénélope, les Amazones), de l'Ancien Testament (la reine de Saba, Esther) et de l'Empire romain (Messaline, Agrippine, Livie.), sans oublier les reines maléfiques (Frédégonde, Brunehaut.), les modèles de sainteté (Hélène, Blanche de Castille.) ou encore des reines au destin tragique (Marie Stuart). Ce jeu connut plusieurs éditions en Italie, en Allemagne, en France - et une contrefaçon à Amsterdam.
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Jeu de l'oie renouvellé des Grecs
C'est vers la porte du paradis que mène ce jeu de parcours apparu sans doute en Italie vers 1580. Il faut pour y parvenir franchir les soixante-trois cases ponctuées d'oies (bénéfiques), mais aussi d'accidents (le pont, le puits, le labyrinthe, la prison, la mort). Les oies se voient bientôt entourées de thèmes didactiques ou décoratifs, ici le monde agricole et botanique (fruits, fleurs, ruche, faucille et épi de blé.). La structure classique du jeu subsiste, bien entendu : ainsi, les cases 26 et 53 présentent les indispensables dés ; leur jet rythme ce jeu labyrinthique où le joueur est guidé par le hasard.
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Un apprentissage ludique de la lecture
Ce pédagogue d'origine protestante a participé au mouvement de réforme éducative du début du règne de Louis XV. Louis Dumas en effet souhaitait mettre en oeuvre dans le domaine de l'apprentissage de la lecture la méthode expérimentale préconisée par John Locke. Il a donc imaginé un petit meuble rappelant les casses typographiques où étaient rangées les lettres, chiffres et signes de ponctuation inscrits au pochoir sur le dos de cartes à jouer, afin d'offrir aux enfants un apprentissage alliant la réflexion et le mouvement du corps. Dispositif coûteux, ce bureau a connu un grand succès dans les foyers aisés mais non pas dans les écoles destinées au peuple, qui s'en tinrent à l'usage de l'abécédaire.
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Premier puzzle géographique français
À Paris, chez l'auteur, rue du Foin, avec privilege, May 1724.
Augmentée des Nouv[el] les connoiss[an]ces Géographiques par Phil. Buache, gendre de l'auteur, janvier 1760 et 1769
Les cartes géographiques contrecollées sur bois et découpées selon les limites géographiques constituent le premier type de puzzles imaginé. C'est une éducatrice française, Mme Le Prince de Beaumont, installée à Londres dans les années 1750, qui semble la première en avoir proposé à ses élèves. Cette carte d'Europe fait partie d'une série de quatre "jeux de patience", conservés au département des Cartes et Plans, réalisés après 1775 à partir de cartes du géographe du roi Guillaume Delisle (Afrique, Amérique, Europe et France). Elle constitue le premier exemple de puzzle géographique français connu à ce jour. À la différence de l'Angleterre, où les puzzles géographiques sont commercialisés dès les années 1760, d'abord par des éditeurs cartographiques (John Spilsbury, Th. Jefferys, Rob. Sayer, etc.), puis par des éditeurs de livres pour enfants (W. Darton et J. Wallis), le circuit de production et de diffusion ne semble pas s'être organisé en France avant le XIXe siècle.
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Le Brelan de la vie humaine
Cette toile représente quatre joueurs avec, face à nous et de droite à gauche : le Temps, vieillard barbu et ailé portant un sablier sur la tête, l'Amour, adolescent aux ailes déployées, l'Homme, gentilhomme sobrement vêtu, et la Mort, munie de son attribut symbolique, la faux. Les phylactères au-dessus de leurs têtes livrent leurs pensées : "Je passe", dit le Temps ; "Mon reste", soutient l'Amour ; "Je le tiens", croit encore l'Homme ; "Je tire tout", ricane enfin la Mort ! Chacun des joueurs tient trois cartes en main et les regards convergent vers les bras de la Mort, qui se pose en gagnante : elle vient de réaliser un brelan d'as, voire un brelan carré, avec l'as de trèfle posé sur le talon. Le résultat de cette partie de "brelan", un jeu de hasard très prisé au 17e siècle, est sans équivoque.
Cette représentation appartient à la même famille symbolique qu'une gravure intitulée "Le Berlan [sic] de la vie humaine" (Bibliothèque de Rouen, fonds Leber, et Bibliothèque nationale de France). Éditée par Pierre Bertrand, datée de la première moitié du 17e siècle, cette estampe éclaire le propos à la fois par ses légendes mais aussi par l'inscription lisible au dos des cartes tenues par les trois perdants : "Le temp[s] a trois Rois", "Amour a trois Dames", "L'homm[e] a trois valet[s]". Malgré quelques nuances (position des personnages, as de la "retourne".), tout laisse penser que la gravure a inspiré le tableau, visiblement plus tardif (visage imberbe et vêtement du courtisan.).
Allégorie du jeu - activité précaire et inconstante -, cette scène traite en fait de la fragilité du destin et du triomphe de la mort, se rattachant ainsi au genre de la Vanité.
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© Cliché F.Doury / Musée Français de la Carte à Jouer, Issy-les-Moulineaux
Jeu d'argent à Versailles
Antoine Trouvain (1656-1708), graveur, éditeur et marchand d'estampes à Paris, est surtout connu par cette suite des "Apartemens", six grandes planches parues entre 1694 et 1696 qui illustrent les soirées où Louis XIV ouvrait son grand appartement de Versailles à ses courtisans. Les trois premières montrent le roi se livrant aux jeux du portique, des cartes et du billard. Danse et musique font l'objet des quatrième et cinquième "chambres", tandis qu'un buffet est présenté à des gentilshommes dans la sixième. Cette "seconde chambre" représente cinq membres de la famille royale assis sur des pliants vert et or autour d'une table ronde. Le jeu n'est pas nommé mais les attitudes et la disposition de la scène permettent d'identifier un jeu de hasard, le "lansquenet" d'après le nom des soldats. Le Grand Dauphin joue le rôle de banquier : c'est lui qui "taille" (donne les cartes), tandis que la duchesse de Bourbon (fille du roi et de la Montespan), son mari, Louis III de Bourbon (prince de Condé), et la princesse de Conti (fille du roi et de Louise de LaVallière) font les pontes (ou coupeurs), c'est-à-dire qu'ils parient sur la carte à venir. Debout derrière la princesse, Philippe de Bourbon-Vendôme, grand prieur de France.
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Riche au matin et gueux au soir
Les suites de Nicolas Guérard intitulées Morales et Moralités, révélatrices des moeurs du temps, sont très souvent satiriques, comme cette planche de la suite des "Proverbes", qui compte près de quatre-vingts gravures de moeurs, éditées à Paris à la fin du XVIIe siècle et jusque vers 1715. Elles portent toutes la signature du graveur, son adresse, en haut le titre du proverbe, en bas celui de la scène décrite - ici "Le Jeu". La ruine n'attire pas la compassion, on le voit, et "le jeu fait souvent de deux amis deux ennemis", dit la légende d'une scène secondaire, à droite, représentant un duel.
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Le Biribi ou la Belle
Cette scène de jeu, qui se déroule dans la résidence du petit-fils du Régent, le Palais Royal, est un portrait charge de Philippe d'Orléans tenant la banque, représenté ici avec un nez crochu. La plupart des joueurs sont ridiculisés : oreilles d'âne, bec d'aigle. Certains, qui ont perdu toute figure humaine, offrent - selon une tradition caricaturale remontant au Moyen-Âge - les faciès d'un porc (l'abbé de cour), d'un canard, d'un âne, de deux chiens, et d'un chat. à perruque, qui mène le jeu.
Le biribi, un jeu sur paris de la famille des lotos arrivé d'Italie au XVIIe siècle (le biribisso), s'est pratiqué à Versailles et dans les petites cours comme celle de la duchesse du Maine. Les pontes posent leurs enjeux sur le tableau numéroté. Le banquier tire alors du sac un seul étui, dévoilant le numéro qu'il contient : les joueurs ayant misé sur ce numéro reçoivent 64 fois leur mise.
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Le faussaire La Coste condamné au carcan
L'aventurier Emmanuel-Jean de La Coste fut successivement chargé de missions secrètes auprès du duc de Choiseul, puis agent du riche fermier général Alexandre-Joseph Le Riche de La Pouplinière. Il fut accusé d'avoir fabriqué de faux billets d'une prétendue loterie de Gemont, située en Allemagne, billets déposés auprès de plusieurs receveurs parisiens qui ignoraient tout de la supercherie. Lors de son interrogatoire, le 18 janvier 1760, le faussaire avoua avoir réalisé un bénéfice de huit mille livres qu'il aurait ensuite placées en rentes viagères. Les lots se montaient aux deux tiers de la recette « par l'arrangement qu'il en faisoit » et l'autre tiers « étoit pour les frais et le bénéfice du répondant ». La Coste déclara avoir fait imprimer les plans de la treizième loterie de Gemont par un nommé Delaplanche, secrétaire du duc de Penthièvre. Condamné par un arrêt du 28 août 1760 au carcan, au fouet, à la marque et aux galères à perpétuité, il mourut à l'hôpital des chiourmes de Toulon, le 30 septembre 1761.
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Les Loteries tirées par permission du roy pour le bien public et le soulagement des hopitaux
Jacques Langlois n'est pas le seul à faire paraître, en 1706, un almanach consacré aux loteries de l'année précédente. Nicolas de Larmessin fait de même. Les deux almanachs présentent la loterie de Saint-Roch suivant un même modèle, une même légende, à droite, à l'intérieur de la composition, renvoyant aux principaux personnages : « 1. M. le Duc de Noailles - 2. M. d'Argenson [lieutenant de police] - 3. M. le premier marguillier - 4. Mrs les greffiers - 5. Enfant trouvé qui tire les billets - 6. Roüe de Fortune ou sont tous les numéros - 7. Roüe où sont les billets noirs pour les gagnans [il s'agit de la petite roue]. » Debout à gauche, L'Anonçeur de bonnes nouvelles. Ces gravures sont les premières à montrer les roues de Fortune, nouveauté qui remplaçait les sacs de cuir et les boîtes.
Avec ses soixante-trois cases, « LE JEU DE LA LOTTERIE » rappelle celui de l'oie : « Chacun contribue d'une somme que l'on divise en trois parts pour en faire 3 lots, en sorte qu'étant 6 joueurs donnant chacun un sol, le gros lot sera de 3 s., le 2e de 2 s., le 3e d'un sol. On joue avec deux dez ou avec un cochonet. On ne s'arrête point sur les pagodes [personnages assis en tailleur, nos 23, 27, 34, 39]. » On précise aussi que le gros lot est de 10000 livres, qu'au nº 9, on passe au 26 et qu'au 31, il faut passer par le gros lot pour revenir d'où l'on vient. Au-dessous, de part et d'autre de l'emplacement où devait figurer le calendrier, des personnages festoient, sans doute pour fêter leur succès.
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Les rêves à la rescousse de la chance
Un des multiples ouvrages en circulation permettant d'utiliser les songes comme science de la destinée humaine : les thèmes de rêves y sont classés par ordre alphabétique et correspondent chacun à un des 90 numéros de la roue de la Fortune. Si rêver d'une hallebarde est lié au numéro 90, le numéro 19 est mis en relation avec un songe sur un héritage ; rêver de boeufs blancs renvoie au numéro 53 et de boeufs endormis au numéro 51, etc.
L'auteur explique l'origine italienne de ce système et fournit à la fin du livre une table des résultats de la Loterie royale, suivie de pages blanches à l'usage du joueur. L'ouvrage comprend quatre planches commentées : « L'Interprète des songes », « La Cabale », « La Belle receveuse » et « Le Tirage », ceci dans une salle de l'Hôtel de Ville de Paris en « présence d'une foule de tout rang, de tout sexe et de tout âge ».
Bibliothèque nationale de France
Le Curieux Almanach pour l'an de grace 1678 [.] où l'on voit les agreables divertissemens du jeu, ou l'art de bien joüer .
Ignoré des historiens des jeux, cet almanach fait partie du « Recueil d'almanachs pour l'an 1678. Presenté au Roy. Par la Veuve D[amien] Foucault » de l'année 1678. Outre les recettes contre diverses maladies, on y trouve, illustrée de bois, la description du billard, des jeux de cartes, des quilles, des dames, du « pair et non », de la « mourre », du « Cochonnet ou la boule » et du mail. Les échecs, la paume, les dez, les astragales et le trou-madame, bien qu'évoqués, ne sont pas illustrés. Les personnages bossus et de petite taille jouant aux dames ou aux dés s'inspirent des gobbi de Jacques Callot, cités explicitement ; il s'agit bien en effet d'imitations d'une partie des gravures de la suite appelée « Les beaux et bien adroits joueurs de toutte sorte de jeux », gravée par Michel Van Lochom (1601-1647) d'après Callot.
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Almanach des jeux ou Académie portative
Vers le milieu des années 1760, l'imprimeur-libraire parisien Antoine Fournier (vers 1735-1797?) se lance dans l'édition de manuels de jeux. À partir de 1779, il publie tous les ans l'Almanach des jeux, en l'augmentant de temps en temps d'un jeu nouveau: aux whist, reversis, tresette et piquet de 1779 s'ajoutent en 1781 le trictrac, en 1783 le maryland et le whist bostonien, en 1786 les échecs et en 1789 le trictrac à écrire. Cette publication propose toujours des règles déjà publiées : ainsi, celle du tresette porte le permis d'imprimer de 1773. Véritable almanach et livre de comptes pour les joueurs, elle prévoit quelques pages permettant de noter chaque mois les pertes et les gains dans des colonnes imprimées à cet usage. La dernière édition du XVIIIe siècle paraît en 1791.
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